Inflation : qui perd, qui gagne ?

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La hausse des prix ne sera pas compensée par l’augmentation des salaires. La majorité des ménages va donc continuer à voir son pouvoir d’achat baisser.

Mois après mois, les chiffres le confirment : l’inflation est de retour. Sur un an, la hausse des prix atteint 3,7% en France et dans la zone euro selon les derniers chiffres d’Eurostat, un record depuis près de 20 ans. C’est évidemment la flambée du pétrole qui nourrit en premier lieu l’inflation : au cours des douze derniers mois, les prix du fioul ont grimpé de 47,5%, ceux des carburants de 15%. Mais les matières premières agricoles ne sont pas en reste, avec un prix du lait en augmentation de 13%, tandis que le pain affiche + 9,6%.

Cette hausse des prix a évidemment un impact sur le pouvoir d’achat des ménages. Même si le SMIC est relevé régulièrement (+2,3% en mai, +0,9% attendus en juillet), tous les salaires ne suivent pas la tendance à la même vitesse. D’après le ministère du travail, une hausse du smic de 1% entraine un relèvement équivalent pour les plus bas revenus (jusqu’à 1,1 smic) mais la hausse est moindre au fur et à mesure que les salaires s’élèvent. Ainsi, pour des salariés payés à 1,5 smic, la hausse n’est plus que de 0,5%. D’une manière générale, la croissance étant faible, les entreprises ne pourront pas octroyer des hausses de salaire équivalentes à la hausse des prix. C’est la grande différence avec ce qui se passait dans les années 70 où les salaires étaient indexés sur les prix, rendant l’inflation indolore pour les salariés.

En cas de hausse des prix, les retraités aussi subissent une baisse de leur pouvoir d’achat car les pensions sont indexées sur l’inflation prévue par le budget de l’Etat, un éventuel réajustement ne s’effectuant qu’a posteriori. Cependant, face à ce problème, les pouvoirs publics ont décidé cette année de donner un coup de pouce aux pensions au mois dés le mois de septembre.

Les consommateurs, eux, subissent d’autant plus cette escalade des étiquettes que leurs revenus sont modestes. Les ménages les moins bien payés, qui consacrent l’essentiel de leur budget à des dépenses contraintes (alimentation, énergie, logement…) sont touchés de plein fouet, surtout s’ils ont recours au crédit à la consommation. En effet, l’augmentation des prix entraine un relèvement des taux d’intérêt, renchérissant d’autant le prix du crédit. La Banque Centrale européenne a déjà annoncé un « possible » relèvement des taux au mois de juillet. Ce relèvement aurait un impact négatif sur l’investissement des entreprises, et donc sur la croissance.

Au final, les principaux gagnants du retour de l’inflation sont ceux qui se sont endettés pour acquérir leur résidence principale quand les taux d’intérêt étaient plus bas, en particulier les primo-accédants, qui sont en général de jeunes actifs. A moins évidemment que le prix de leur logement baisse substantiellement.

L’autre gagnant est l’Etat qui profite mécaniquement de la hausse des prix grâce à la TVA. Cette taxe qui touche tous les produits achetés par le consommateur étant calculée en pourcentage du prix hors taxe, plus les prix sont élevés, plus les recettes de TVA augmentent.

Sakozy, M.E.Leclerc et les consommateurs

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On critique souvent la LME (Loi de Modernisation Economique) comme étant un cadeau aux patrons des grandes surfaces comme Michel Édouard Leclerc. Cet article se propose de répondre à 2 questions essentielles : est-ce vraiment le cas ? et l’action des politiciens va-t-elle vraiment dans le sens de l’augmentation de notre pouvoir d’achat ?

 

La LME, délice ou venin pour les consommateurs ?

L’exemple de la LME est particulièrement révélateur des rapports de force dans cette lutte entre l’intérêt du consommateur et celui du distributeur. En effet cette loi propose de rétablir la négociabilité des tarifs par les grand distributeurs, ce qui reviendrait à « remettre les clés de nos entreprises aux mains de la grande distribution », de l’avis même de Jean-René Buisson, ancien de Danone, vice-président du MEDEF et président de l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires). L’intérêt du consommateur semble être du côté des distributeur : si ils font pression pour réviser les prix d’achat des productions à la baisse alors ils pouraient logiquement répercuter ce gain sur le prix final destiné au consommateur. Néanmoins ce n’est pas le cas, la faute en revient à la position monopolistique (à une échelle locale) des grandes enseignes de distribution qui n’ont tout simplement aucun intérêt à ne pas augmenter leur marge. La LME est donc un venin pour les consommateurs (et leur pouvoir d’achat) et un cadeau des politiciens aux patrons de la grande distribution.

 

Sakozy et M.E.Leclerc : Tristan et Iseut ?

D’une manière générale, il convient d’adopter une attitude nuancée lorsqu’on aborde la question du lien entre les hommes politiques et les grands patrons. Le bilan que nous dresserons sera donc contrasté. L’objectif des deux hommes est le même : faire croire au consommateur (électeur aussi) que le prix qu’il paye est juste, d’où une certaine collusion entre les deux acteurs. Le problème réside dans le fait que l’approche législative du pouvoir a toujours tendance à favoriser les acteurs avec une grande force de négociation (c’est la définition de “puissance” : la capacité à exercer une influence asymétrique sur leurs partenaires). Ainsi, c’est un fait: les hommes politiques favorisent les puissants (au sens rigoureux du terme) dans les rapports de force comme celui là entre l’intérêt du consommateur et celui du distributeur.

 

Quelle conclusion tirer ?

Les consommateurs pâtissent de leur faible influence sur les compagnies de distribution, cette faiblesse est en partie imposée (stratégie de monopole local des grandes surfaces). Mais il y a un moyen de lutter contre cet état : constituer un groupe de pression (un lobby) capable de faire effet au niveau politique. C’est exactement l’enjeu des associations de consommateur. En définitive, si la pierre tombe sur l’œuf malheur à l’œuf, et si l’œuf tombe sur la pierre malheur à l’œuf mais si l’œuf (le consommateur) tombe sur la pierre (le politique) il sera capable de le changer et de l’utiliser pour ça cause (comme un œuf sur le plat !).

 

Barilla, affameur du peuple.

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Pour la première fois depuis plus d’une dizaine d’année le prix des pâtes a augmenté, Barilla le n°1 mondial dans le secteur montre l’exemple.

 

Barilla a relevé le prix de ses pâtes de 40% environ depuis début 2007 face à une hausse des matières premières de 300%. Selon M. Barilla, cette hausse du prix des pâtes “n’influence que relativement le budget des ménages”. C’est faux, ce sont des hausses de ce type qui amputent le budget des ménages et qui transforment le panier de la ménagère en “sachet de la ménagère”. En effet une récente étude de l’INSEE (graphe ci-dessous) montre une augmentation spectaculaire de l’inflation réelle :

 

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L’époque où les pâtes étaient la nourriture accessible plébiscitée par les étudiants et les ménages modestes est donc désormais révolue. Pire, selon M.Barilla “L’alimentation dans le monde sera un problème aigu dans un futur proche”. Les enjeux sont importants : pour la sécurité alimentaire mondiale d’une part, mais aussi pour le maintient du pouvoir d’achat des ménages des pays développés. En effet l’augmentation de la part budgétaire des ménages dédiée à l’alimentation est la première étape d’un cercle vicieux pouvant amener à la paupérisation globale des pays riches. Ce par un mécanisme simple : les ménages vont de moins en moins investir dans des produits et des services à haute valeur ajoutée qui sont les fondements de la croissance des pays développés.

 

Au bout du compte, il est inquiétant de constater que l’augmentation du prix d’un produit de base compromet le niveau de vie des familles des pays développés et peux aller jusqu’à remettre en question le mode de développement des pays riches.