Sakozy, M.E.Leclerc et les consommateurs

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On critique souvent la LME (Loi de Modernisation Economique) comme étant un cadeau aux patrons des grandes surfaces comme Michel Édouard Leclerc. Cet article se propose de répondre à 2 questions essentielles : est-ce vraiment le cas ? et l’action des politiciens va-t-elle vraiment dans le sens de l’augmentation de notre pouvoir d’achat ?

 

La LME, délice ou venin pour les consommateurs ?

L’exemple de la LME est particulièrement révélateur des rapports de force dans cette lutte entre l’intérêt du consommateur et celui du distributeur. En effet cette loi propose de rétablir la négociabilité des tarifs par les grand distributeurs, ce qui reviendrait à « remettre les clés de nos entreprises aux mains de la grande distribution », de l’avis même de Jean-René Buisson, ancien de Danone, vice-président du MEDEF et président de l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires). L’intérêt du consommateur semble être du côté des distributeur : si ils font pression pour réviser les prix d’achat des productions à la baisse alors ils pouraient logiquement répercuter ce gain sur le prix final destiné au consommateur. Néanmoins ce n’est pas le cas, la faute en revient à la position monopolistique (à une échelle locale) des grandes enseignes de distribution qui n’ont tout simplement aucun intérêt à ne pas augmenter leur marge. La LME est donc un venin pour les consommateurs (et leur pouvoir d’achat) et un cadeau des politiciens aux patrons de la grande distribution.

 

Sakozy et M.E.Leclerc : Tristan et Iseut ?

D’une manière générale, il convient d’adopter une attitude nuancée lorsqu’on aborde la question du lien entre les hommes politiques et les grands patrons. Le bilan que nous dresserons sera donc contrasté. L’objectif des deux hommes est le même : faire croire au consommateur (électeur aussi) que le prix qu’il paye est juste, d’où une certaine collusion entre les deux acteurs. Le problème réside dans le fait que l’approche législative du pouvoir a toujours tendance à favoriser les acteurs avec une grande force de négociation (c’est la définition de “puissance” : la capacité à exercer une influence asymétrique sur leurs partenaires). Ainsi, c’est un fait: les hommes politiques favorisent les puissants (au sens rigoureux du terme) dans les rapports de force comme celui là entre l’intérêt du consommateur et celui du distributeur.

 

Quelle conclusion tirer ?

Les consommateurs pâtissent de leur faible influence sur les compagnies de distribution, cette faiblesse est en partie imposée (stratégie de monopole local des grandes surfaces). Mais il y a un moyen de lutter contre cet état : constituer un groupe de pression (un lobby) capable de faire effet au niveau politique. C’est exactement l’enjeu des associations de consommateur. En définitive, si la pierre tombe sur l’œuf malheur à l’œuf, et si l’œuf tombe sur la pierre malheur à l’œuf mais si l’œuf (le consommateur) tombe sur la pierre (le politique) il sera capable de le changer et de l’utiliser pour ça cause (comme un œuf sur le plat !).

 



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